Des bébés, du lait et des couches-culottes

18 02 2010
Bébés

Faites des bébés qui disaient

Billet très intéressant de Kozlika sur la liberté des femmes en matière de soin des bébés.  La blogueuse fait référence aux réactions virulentes provoquées par le discours d’Elisabeth Badinter suite à une interview du Monde, et lors d’une matinale de France Inter.  J’ai pour ma part écouté l’interview de Badinter ce matin-là sur France Inter, et, peut-être face à une certaine maladresse de sa part, peut-être parce qu’un discours déstabilisant est désagréable à entendre, les auditrices qui prenaient la parole se sentaient manifestement agressées par le discours de l’invitée.

Il me semblait, pourtant, que Badinter ne faisait que  prêcher la liberté de choix,  notant au passage une certaine régression dans le discours dominant sur la maternité.

Kozlika expose les avantages et les inconvénients de l’allaitement et du biberon, remarquant comme Badinter et pas mal de femmes, que l’ombre de la mauvaise mère plane toujours au-dessus de la tête de celles qui ne suivent pas les recommandations dominantes (celles de l’OMS notamment), aussi contraignantes soient-elles.

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5 responses

18 02 2010
cultive ton jardin

C’est le rôle de l’OMS, me semble-t-il, de faire passer des recommandations de santé publique. Ne faudrait-il pas plutôt se féliciter que l’OMS ait résisté à la pression des lobbies des fabricants de lait maternisé?

19 02 2010
Anne-Lise

(Chouette! Mon 1er commentaire. Merci!) J’imagine que oui, il faut s’en réjouir et l’OMS tient son rôle. Ce qui choque Élisabeth Badinter, si j’ai bien compris, c’est par exemple le fait de rendre le lait maternisé difficilement accessible. Sur le site de l’OMS (j’ai rajouté un lien dans mon billet), on peut lire en effet : Règlementation de la commercialisation des substituts du lait maternel – Un code international a été adopté en 1981. Il prévoit:
* les bienfaits de l’allaitement et les risques des substituts pour la santé doivent figurer sur les emballages;
* il ne doit pas y avoir de promotion des substituts du lait maternel;
* il ne faut pas offrir d’échantillons gratuits de préparations aux femmes enceintes ou aux mères;
* il ne faut pas distribuer des substituts gratuits dans les établissements de santé »

Toutes les recommandations de l’OMS sont bienveillantes, mais peuvent être éloignées des conditions réelles auxquelles les femmes sont confrontées, ici ou ailleurs. Les locaux des entreprises les plus high tech par exemple ne sont pas du tout pensés pour abriter les jeunes mères travaillant et souhaitant s’occuper aussi de leur bébé. En revanche il aura été facile d’arrêter de procurer gratuitement du lait de substitution dans les hôpitaux…
Du coup le libre choix des femmes (allaiter ou non pendant 6 mois, 2 ans; lait maternel ou substitut) existe-t-il vraiment?

19 02 2010
cultive ton jardin

On pourrait se poser la question de l’existence du libre choix si toutes les femmes allaitaient (ce qui est LOIN d’être le cas).

Il n’a pas du tout été FACILE de stopper la forte influence dans les maternités des groupes de pression du lait artificiel. Le meilleur exemple est les biberons tout prêts distribués avec largesse, et que le personnel donnait très facilement y compris aux bébés nourris au sein sans même, quelquefois, que la mère en soit informée. Comme le biberon coule plus facilement que le sein et que de plus la manière de téter est très différente, il arrivait qu’ensuite les bébés refusent le sein. Marie Thirion parle, dans son bouquin sur l’allaitement maternel, de SABORDAGE.

C’est une longue lutte qui a permis de mettre quelques bornes au zèle des fabricants. Pour des pays comme l’Afrique, ce fut une catastrophe: les mères convaincues par de belles affiches de blondinets au biberon, arrêtaient l’allaitement au sein. Avaient ensuite les plus grandes peines à trouver de quoi acheter le lait en poudre, et de l’eau potable.

Seule une campagne très dure sur le thème « Nestlé tue les bébés » les a obligés à un minimum de pudeur dans leur quête du profit, leur image de marque commençait à être écornée. Et c’est pas gagné. Ni chez eux, ni chez nous.

Leurs distributions gratuites ne sont en aucun cas un acte de générosité, elles ne servent qu’à amorcer la pompe.

20 02 2010
Anne-Lise

Merci pour ces informations. J’ai trouvé un article sur le sujet : Monde Diplomatique, 1997, Claire Brisset. En voici le chapeau : « Un million et demi de nouveau-nés meurent chaque année dans le monde parce que leurs mères ont été dépossédées de leur capacité à les nourrir correctement. Malgré les dangers que recèle, dans les pays du tiers-monde, l’allaitement à base de poudre de lait, une publicité ciblée vise à séduire les femmes. On assiste ainsi à un recul de l’allaitement au sein, ainsi qu’à une régression de sa durée, deux facteurs majeurs dans la persistance de la malnutrition. Pourtant, les Etats membres de l’Organisation mondiale de la santé avaient adopté en 1981 un code destiné à contrecarrer les pratiques commerciales abusives qui incitent les femmes à acheter des substituts de lait, chers et inadaptés. »

12 03 2010
Le coup de gueule de maman@home « L'artichaut sauvage

[…] 12 03 2010 C’est une blogueuse maman et ex-chef de pub. Et elle gueule, en résonance avec mon précédent billet sur la liberté des femmes dans le soin donné à leurs enfants, bébés, mioches, progéniture et […]

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