Choisis ton camp : Monsanto ou Kokopelli?

18 06 2010

cultivateursJ’avais annoncé que j’irais voir le film de Coline Serreau « Solutions locales pour un désordre global ». C’est fait.

Ce que je supposais dans mon billet était juste. Le business des semences et l’industrie des OGM sont le sujet central du film, qui dénonce la dépendance des cultivateurs vis-à-vis d’industriels tel Monsanto.*

La métaphore filée du machisme à l’œuvre (exploiter brutalement la terre comme on violerait une femme) n’est pas l’invention de Coline Serreau, mais celle de micro biologistes « en voie d’extinction », de cultivateurs résistants, de militants hommes ou femmes dont la vie même a parfois été menacée par leurs oppresseurs (expropriations, passage à tabac en Amérique du Sud).

La critique de Mathilde Blottière déjà évoquée dans mon dernier billet est bien plus méchamment descendue par Gérard Ponthieu :

« Bien fait pour ma pomme, dira-t-on. Certes, pas obligé ni de les lire, ni surtout de les écouter. Le problème, c’est toujours le mélange des genres dans lequel l’information basique se trouve passée à la trappe ou, pire, assassinée. Ainsi, en moins d’un feuillet, la Mathilde Blottière [Télérama du 10 avril 2010] dézingue un film important, utile ô combien, nécessaire et intéressant – soit exactement l’inverse de son méchant papier. Lequel épuise ses maigres ressources à filer une vaine opposition entre le film de Coline Serreau et « Home » d’Arthus-Bertrand, le dandy et esthétisant geignard. »

« A quoi bon s’échiner avec d’aussi ineptes propos ? A quoi bon, de même, dénigrer le féminisme exprimé dans le film en le reprochant à la cinéaste, alors qu’il se trouve justement exposé par des hommes ? C’est d’ailleurs l’un des axes majeurs de la problématique de ce documentaire, à savoir la dénonciation d’une agriculture passée aux mains des mâles, notamment lors du coup de force de la soi-disant « révolution verte », elle-même conséquence de l’industrialisation outrancière, elle-même aboutissement « logique » de la Guerre. »*

« La Guerre avec son grand G, et aboutissement de quoi ? de quelle névrose de ce mâle dominateur, frappadingue de la testostérone, n’ayant de cesse de dominer, violenter, assujettir la nature et en particulier la terre,sans oublier au passage, « accessoirement », la femme, « sa » chose ? Machisme et machinisme mêmes combats, mêmes convergences dans l’Histoire des drames humains culminant dans notre modernité en ses formes « civilisées » – c’est-à-dire en apparence proprettes et douillettes, très adaptées à la vaine dissimulation, vaine puisque le spectacle éclate au grand jour, pour qui veut le voir. Ce ne saurait être le cas de la critiqueuse, la télérameuse qui ne voit là que « métaphores lourdingues ».

CotonVoilà. Si vous pouvez voir ce documentaire de Coline Serreau, faites-le, cela ne mange pas de pain… bio.

Si justement vous voulez acheter bio, local et de saison, cultiver ou vous cultiver, comprendre etc., dans votre région, voyez la carte des solutions, consultable sur le site du film de Serreau.

Un mot de Kokopelli maintenant. C’est une association, évoquée par Serreau, qui distribue (illégalement) des semences aux paysans dépendants des industriels. Lu sur le site de l’association :

« Cela fait 17 ans que nous luttons pour conserver le “privilège” de distribuer des semences de tomates, de courges, de laitues, etc. N’est-ce pas pathétique? Comment en est-on arrivé à l’abandon total de nos libertés les plus essentielles? La mafia semencière contre laquelle Kokopelli défend son droit d’exister, c’est cette même mafia qui contrôle la pharmacie, et qui contrôle l’agrochimie, et qui contrôle les chaînes de distribution alimentaire. »

« Ce sont les multinationales des Sciences de la Mort qui stérilisent, qui virtualisent et qui synthétisent le Vivant. Ce dont l’humanité a besoin, ce n’est pas d’un nouveau Messie qu’il soit Noir ou Caucasien-Hongrois. L’humanité s’est fourvoyée dans une impasse écologique dont nul messie, prophète, avatar ou sage illuminé ne va l’en sortir.

« Il n’est nul besoin de moraliser le capitalisme mais il est par contre urgent de moraliser la morale Occidentale. Depuis l’été 2007, l’Occident a mis sur la table des milliers de milliards de dollars pour sauver les grands brigands de la finance : de quoi nourrir la totalité du Tiers-Monde pendant un ou deux siècles. En toute indécence. »

* Pour en savoir plus sur Monsanto : tapez « Monsanto » dans Google et découvrez tout un tas d’info pas reluisantes, par exemple la condamnation pour publicité mensongère (« Round Up » n’est pas biodégradable). Voir notamment sur Wikipedia l’historique et le lien de Monsanto avec l’industrie de la guerre. Bon sinon il y a le site corpo tout propre et bien référencé, et aussi des articles critiques et des vidéos pas gentilles.

**Allusion à la reconversion des armes chimiques en pesticides après la Seconde Guerre Mondiale. Il fallait écouler les stocks : l’agriculture a alors représenté un magnifique marché.

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