Madame ou mademoiselle?

15 11 2011

Au laboratoire médical:
– madame ou mademoiselle?
– madame.
– votre nom de jeune fille?
– c’est le même.
– ??
– je me fais appeler madame (eh oui chuis comme ça moi).
– ah mais non mais c’est pas pareil, je vous explique, c’est au niveau administratif, par exemple si on vous fait une carte de groupe sanguin.
– oui ben j’en ai une, j’ai accouché y a pas longtemps (allez je lui raconte ma life?)
– je mets mademoiselle?
– non, zavez qu’à mettre 2 fois le même nom.
– grumgromelgrumm.

Deux fois le même nom, autrement dit, « nom de femme mariée » qui ne l’est pas et « nom de jeune fille » qui est en fait le nom de naissance. Un petit peu d’absurde au quotidien ne fait point de mal.





Des écoles à Madagascar avec Charles Gassot

25 03 2011
Ecoliers

Ecoliers - Tous droits réservés Ecoles du Monde

Charles Gassot, c’est un producteur de film. Il a créé sa société Téléma à l’âge de 22 ans. Mortelle randonnée, La vie est un long fleuve tranquille, Un air de famille, Tatie Danielle, Beaumarchais l’insolent… C’est lui qui finance.

Gassot a aussi produit le défilé du 14 juillet 1989 de Jean-Paul Goude, l’ouverture des Jeux d’Albertville en 1994, notamment.

Un jour il découvre Madagascar. Il a alors déjà croisé la misère en Inde et en Afrique, mais le dénuement de la brousse malgache le stupéfait. Et aussi la gentillesse des habitants, précise-t-il sur France Inter ce matin. Alors il se lance dans l’ « humanitaire » si souvent décrié. Des puits, des sanitaires, des écoles. Avec le souci d’impliquer des « nationaux », et de créer de l’autonomie par l’éducation.

Aujourd’hui son association Écoles du Monde a besoin d’argent et de compétences diverses, en matière de planning familial par exemple. Alors il mobilise des artistes célèbres pour une vente aux enchères parisienne, 100 briques pour Madagascar.

J’admire ce gars. Je n’ai pas le dixième de son énergie. Et si je l’avais je serais fière d’agir comme lui, librement, en conscience, en dépit des donneurs de leçons et des cyniques de ce monde.





Centre de rétention des étrangers de Mayotte : bienvenue en enfer

26 07 2010

Twitté par Maïtre Eolas le 25 juillet.

« Honte à la République : venez visiter le centre de rétention des étrangers de Mayotte avec le CGLPL »

Texte complet sur Legifrance

(…)

7. La situation particulière des enfants abandonnés sur le territoire de Mayotte après la reconduite de leurs parents est préoccupante. Afin d’assurer leur hébergement et leur suivi éducatif, il est urgent de mettre en œuvre une organisation opérationnelle qui associe le service de l’aide sociale à l’enfance de la collectivité départementale et les services de l’Etat.
8. Les conditions d’hébergement sont indignes ; le jour de la visite, 140 personnes, adultes et enfants, se trouvaient dans les deux salles de rétention dont la surface cumulée est de 137 m² :
― les personnes retenues vivent dans une grande promiscuité et sans la moindre intimité ;
le centre n’est pas équipé de lit et chaque personne ne dispose pas de sa propre natte de couchage. Les personnes sont assises ou allongées par terre. Les enfants en bas âge sont dans les bras de leur mère et n’ont pas davantage de lit ;
les hommes ne peuvent se rendre librement aux toilettes et aux points d’eau ;
les toilettes à la turque et les cabines de douche sont en nombre insuffisant et dans un état dégradé ; elles donnent directement dans le hall et sont fermées par un simple volet de séparation d’un mètre de hauteur et à cinquante centimètres du sol ;
― le carrelage mural est maculé de taches de sang séché provenant apparemment de moustiques écrasés.
Il convient de remédier, sans attendre la construction d’un nouveau centre, à de telles situations.
9. Les conditions d’hygiène doivent être totalement réexaminées pour permettre aux retenus de vivre dans des conditions décentes :
l’occupation quasi permanente des salles d’hébergement ne permet pas, de fait, leur entretien quotidien.
bien que prévue par le règlement intérieur, aucune distribution de produits d’hygiène (brosse à dents, dentifrice, rasoir ou shampoing) n’est effectuée à l’arrivée ;
après la douche, la personne retenue ne dispose ni de serviette, ni de vêtement ou sous-vêtement propre.





Pouet pouet camion (Prévention cancer)

9 07 2010

Je la pique à Malo qui la pique à YourTeube. A la base, un geste  vulgaire et machiste qui, détourné par les femmes, devient drôle et fier. Si ça fait pouet pouet, c’est bon signe! Dans le cas contraire, n’attendez pas, courez faire une mammographie…





Choisis ton camp : Monsanto ou Kokopelli?

18 06 2010

cultivateursJ’avais annoncé que j’irais voir le film de Coline Serreau « Solutions locales pour un désordre global ». C’est fait.

Ce que je supposais dans mon billet était juste. Le business des semences et l’industrie des OGM sont le sujet central du film, qui dénonce la dépendance des cultivateurs vis-à-vis d’industriels tel Monsanto.*

La métaphore filée du machisme à l’œuvre (exploiter brutalement la terre comme on violerait une femme) n’est pas l’invention de Coline Serreau, mais celle de micro biologistes « en voie d’extinction », de cultivateurs résistants, de militants hommes ou femmes dont la vie même a parfois été menacée par leurs oppresseurs (expropriations, passage à tabac en Amérique du Sud).

La critique de Mathilde Blottière déjà évoquée dans mon dernier billet est bien plus méchamment descendue par Gérard Ponthieu :

« Bien fait pour ma pomme, dira-t-on. Certes, pas obligé ni de les lire, ni surtout de les écouter. Le problème, c’est toujours le mélange des genres dans lequel l’information basique se trouve passée à la trappe ou, pire, assassinée. Ainsi, en moins d’un feuillet, la Mathilde Blottière [Télérama du 10 avril 2010] dézingue un film important, utile ô combien, nécessaire et intéressant – soit exactement l’inverse de son méchant papier. Lequel épuise ses maigres ressources à filer une vaine opposition entre le film de Coline Serreau et « Home » d’Arthus-Bertrand, le dandy et esthétisant geignard. »

« A quoi bon s’échiner avec d’aussi ineptes propos ? A quoi bon, de même, dénigrer le féminisme exprimé dans le film en le reprochant à la cinéaste, alors qu’il se trouve justement exposé par des hommes ? C’est d’ailleurs l’un des axes majeurs de la problématique de ce documentaire, à savoir la dénonciation d’une agriculture passée aux mains des mâles, notamment lors du coup de force de la soi-disant « révolution verte », elle-même conséquence de l’industrialisation outrancière, elle-même aboutissement « logique » de la Guerre. »*

« La Guerre avec son grand G, et aboutissement de quoi ? de quelle névrose de ce mâle dominateur, frappadingue de la testostérone, n’ayant de cesse de dominer, violenter, assujettir la nature et en particulier la terre,sans oublier au passage, « accessoirement », la femme, « sa » chose ? Machisme et machinisme mêmes combats, mêmes convergences dans l’Histoire des drames humains culminant dans notre modernité en ses formes « civilisées » – c’est-à-dire en apparence proprettes et douillettes, très adaptées à la vaine dissimulation, vaine puisque le spectacle éclate au grand jour, pour qui veut le voir. Ce ne saurait être le cas de la critiqueuse, la télérameuse qui ne voit là que « métaphores lourdingues ».

CotonVoilà. Si vous pouvez voir ce documentaire de Coline Serreau, faites-le, cela ne mange pas de pain… bio.

Si justement vous voulez acheter bio, local et de saison, cultiver ou vous cultiver, comprendre etc., dans votre région, voyez la carte des solutions, consultable sur le site du film de Serreau.

Un mot de Kokopelli maintenant. C’est une association, évoquée par Serreau, qui distribue (illégalement) des semences aux paysans dépendants des industriels. Lu sur le site de l’association :

« Cela fait 17 ans que nous luttons pour conserver le “privilège” de distribuer des semences de tomates, de courges, de laitues, etc. N’est-ce pas pathétique? Comment en est-on arrivé à l’abandon total de nos libertés les plus essentielles? La mafia semencière contre laquelle Kokopelli défend son droit d’exister, c’est cette même mafia qui contrôle la pharmacie, et qui contrôle l’agrochimie, et qui contrôle les chaînes de distribution alimentaire. »

« Ce sont les multinationales des Sciences de la Mort qui stérilisent, qui virtualisent et qui synthétisent le Vivant. Ce dont l’humanité a besoin, ce n’est pas d’un nouveau Messie qu’il soit Noir ou Caucasien-Hongrois. L’humanité s’est fourvoyée dans une impasse écologique dont nul messie, prophète, avatar ou sage illuminé ne va l’en sortir.

« Il n’est nul besoin de moraliser le capitalisme mais il est par contre urgent de moraliser la morale Occidentale. Depuis l’été 2007, l’Occident a mis sur la table des milliers de milliards de dollars pour sauver les grands brigands de la finance : de quoi nourrir la totalité du Tiers-Monde pendant un ou deux siècles. En toute indécence. »

* Pour en savoir plus sur Monsanto : tapez « Monsanto » dans Google et découvrez tout un tas d’info pas reluisantes, par exemple la condamnation pour publicité mensongère (« Round Up » n’est pas biodégradable). Voir notamment sur Wikipedia l’historique et le lien de Monsanto avec l’industrie de la guerre. Bon sinon il y a le site corpo tout propre et bien référencé, et aussi des articles critiques et des vidéos pas gentilles.

**Allusion à la reconversion des armes chimiques en pesticides après la Seconde Guerre Mondiale. Il fallait écouler les stocks : l’agriculture a alors représenté un magnifique marché.





Déforestation : la Norvège montre l’exemple

8 06 2010
Indonésie

Vu sur Liberation.fr - Indonésie en décembre 2009 (REUTERS/Yusuf Ahmad)

C’est l’info du soir, et elle me met de bonne humeur. Bon allez, pour la rime : elle me donne espoir. Ça fait un bail que j’évite d’acheter les produits contenant de l’huile de palme, dépensant mon temps et mon argent dans une entreprise incertaine : le boycott.

Combien de personnes en France ont le temps et l’argent pour faire ce tri? Pas beaucoup j’en suis certaine… Alors l’initiative de la Norvège consistant à compenser financièrement la baisse des activités liées à la déforestation massive, notamment en Indonésie, je la trouve très belle. Et pas du tout dans l’air du temps. Malheureusement.

Vous ne voyez pas le rapport entre déforestation et huile de palme? Prenez le premier paquet de biscuits qui vous tombe sous la main, chez vous, ou bien une boîte de céréales, ou bien une crème hydratante, un plat tout prêt, peu importe… Vous y trouverez de l’huile de palme, utilisée dans l’agro alimentaire et la cosmétique car moins chère que les autres matières grasses.

Pendant ce temps-là, la forêt de Bornéo et sa biodiversité disparaissent à une vitesse fulgurante, vouant d’ailleurs les populations locales à leur propre perte, car elles sont économiquement dépendantes de cette monoculture intensive. Si tout le monde bouge ses fesses comme le fait la Norvège, peut-être que la catastrophe (mondiale) n’est pas inéluctable.

Bon, je file, j’ai un boycott à poursuivre.

En savoir plus depuis  liberation.fr, developpementdurable.com, et un peu partout sur le web en tapant « Norvège déforestation » dans Google.





C’est ici que ça se passe

12 05 2010

« Il était 21 heures, lundi dernier. Le personnel du centre d’éducation motrice voit arriver les forces de l’ordre : 30 gendarmes selon des témoins, 12 selon la préfecture. Munis d’une décision d’expulsion, les militaires vont chercher le jeune handicapé, âgé de 15 ans, dans sa chambre. Ils embarquent ses affaires, ses médicaments et son dossier médical. » Lu sur France Info.